31 décembre 1926 : Gide: «
Le CFCO est un effroyable consommateur de vies humaines. » (Tchad)
En raison des chutes du
Congo, les Français doivent utiliser le chemin de fer Léopoldville-Matadi,
construit en face par les Belges pour le transport en partance et en direction
de l'océan. Le gouverneur général Augagneur entreprend en 1921 la construction
du chemin de fer Brazzaville-Pointe Noire long de 502 kilomètres, poursuivi par
le gouverneur Antonetti. Il sera inauguré en 1934.
André Gide lors de son
voyage africain a croisé des hommes réquisitionnés - et déportés - pour la
construction du Chemin de Fer Congo-Océan (CFCO): « Le chemin de fer
Brazzaville-Océan est un effroyable consommateur de vies humaines. Voici Fort-Archambault
(Sud du Tchad) tenu d'envoyer de nouveau mille Saras. Cette circonscription,
l'une des plus vastes et des mieux peuplées d'AEF, est particulièrement mise à contribution
pour la main d'oeuvre indigène. Les premiers contingents envoyés par elle ont
eu beaucoup à souffrir, tant durant le trajet, à cause du mauvais aménagement
des bateaux qui les transportaient (certains se noient dans le fleuve et
nombreux sont ceux qui décèdent de pneumonie), que sur les chantiers mêmes, où les
difficultés de logement et surtout de ravitaillement ne semblent pas avoir été préalablement
étudiées de manière satisfaisante. La mortalité a dépassé les prévisions les
plus pessimistes. À combien de décès nouveaux la colonie devra-t-elle son bien-être
futur? De toutes les obligations qui incombent à l'administrateur, celle du
recrutement des « engagés volontaires » est assurément la plus pénible. »
Il fait l'éloge de ses
amis gouverneurs, Lamblin à Bangui pour avoir aménagé un camp de repos et de
triage pour les recrutés et Marcel De Coppet à Fort-Archambault, pour avoir
autorisé 1500 recrutés à participer aux fêtes du 1er janvier.
Sources :
André Gide, Voyage au
Congo, Gallimard, 1927, Idées-Gallimard n𫄻 page 200.

































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